SEJOUR HELSINKI (août 2026)
Données historiques
 
La Finlande est d’abord peuplée par des chasseurs-cueilleurs qui se dispersent de la Laponie à l’est jusqu’au Groenland. Ces populations ont toutes une signature génétique qui les relie le plus souvent aux peuples finnois. Les peuples du Grand Nord ont maintenu leur cohérence après la fin de la glaciation avec des apports ouraliens, russes, suédois et même scandinaves.
 
Du Moyen-Âge au début du XIXème siècle, la Finlande est une partie du royaume de Suède. Cette longue période est marquée par des rapports de forces entre les puissances voisines parfois alliées du Danemark, de la Norvège, de la Russie et de la Suède.
La période suédoise commence lorsque les rois et l’Eglise de Suède lancent des croisades en Finlande dans le but de soumettre les tribus païennes et stopper leurs incursions dans le royaume. Le roi Eric IX établit le christianisme en Finlande en 1154. En 1372, la Suède accorde aux finlandais les mêmes droits qu’aux autres habitants du royaume. Dès lors, la Finlande fait partie intégrante du royaume de Suède.
Helsinki a été fondée en 1550 par Gustave Vasa, roi de Suède. En fondant « Helsingfors », il voulait concurrencer Reval (aujourd’hui Tallinn, capitale de l’Estonie) qui était alors une ville prospère, membre de la ligue marchande de la Hanse. Le premier village occupait la vieille ville actuelle autour de laquelle se sont développés différents quartiers dont le nom découle de particularités naturelles et géographiques comme Koskela, « Les rapides » ou Katajanokka, « Presqu’îles du genévrier » …
Dès la fin du XVème siècle, la Finlande doit se défendre de l’expansion russe. Les armes suédoises permettent aux finlandais de résister pendant plusieurs années. Face au courage des finlandais, la Suède élève la Finlande au rang de duché en 1551 et de grand-duché en 1581.
A la fin du XVIIème siècle, la puissance suédoise s’essouffle et, pendant la grande guerre nordique qui oppose la Suède de Charles XII et ses alliés à la Russie de Pierre le Grand et ses propres alliés, la Finlande est envahie par les russes. Helsinki est incendiée et occupée par les russes. Le traité de Uusikaupunhi de 1721 acte la cession à la Russie de tout l’orient de la Finlande. La guerre de 1741 – 1743 avec l’attaque d’Helsingfors en 1742 puis la guerre de 1788 – 1790 affaiblissent encore la Finlande qui, plus protégée par la Suède, commence à s’en détourner. C’est le début d’une identité nationale finlandaise. La forteresse de Sveaborg (aujourd’hui Suomenlinna) est construite à Helsingfors entre 1748 et 1798 avec l’appui du roi de France Louis XV.
En 1808, le tsar Alexandre Ier déclare la guerre à la Suède et s’empare de la Finlande sans résistance. Les finlandais espèrent obtenir de la Russie une protection et une certaine autonomie. Le 29 mars 1809, la Russie fait de la Finlande un grand-duché autonome rattaché à l’Empire russe avec une autonomie très large puisque la Finlande n’est rattachée à l’Empire russe qu’au moyen d’une union personnelle. Bien que le tsar ait le titre de grand-duc, le territoire est administré par une autorité finlandaise. La Finlande dispose d’une petite armée, de sa propre monnaie et d’une banque nationale. Les recettes fiscales restent en Finlande. Les tsars successifs respecteront cette autonomie de 1809 à 1917. Pendant cette période, la Finlande prospère. Le 8 avril 1812, Helsingfors est préférée à Turku, trop proche de la Suède, et devient la capitale d’un duché autonome. La ville se développe de manière considérable. Le centre-ville est reconstruit. L’Université de Turku est déplacée vers la nouvelle capitale et deviendra l’université d’Helsinki.
Pendant la guerre de Crimée (1853 – 1856) qui oppose l’Empire russe à une coalition constituée de l’Empire ottoman, de l’Empire Français, du Royaume uni et du Royaume de Sardaigne pour mettre fin à l’expansionnisme russe et éviter l’effondrement de l’Empire ottoman, la forteresse de Sveaborg est en partie détruite par une expédition franco-anglaise.
 
Les premières tensions avec la Russie surgissent en 1899 lorsque la compétence de la Diète finlandaise qui vote les lois, n’est reconnue que pour les affaires concernant exclusivement la Finlande alors que le droit s’applique pour toutes les affaires qui concernent l’Empire russe et la Finlande.
Le 6 décembre 1917, en pleine Révolution russe, la Finlande obtient son indépendance, tout comme ses voisins baltes. Helsinki devient le nouveau nom de la ville qui est aussi la capitale de la nouvelle république. En 1918, une guerre civile déchire le pays et se solde par la victoire des « blancs » et la défaite des « rouges » qui sont soutenus par la Russie soviétique. Contrairement à d’autres villes, Helsinki ne subit que peu de dégâts pendant cette guerre civile. Près de 13 300 prisonniers « rouges » sont emprisonnés sur l’île forteresse de Sveaborg.
A la suite de désaccords commerciaux concernant certaines îles du golfe de Finlande, l’Union soviétique attaque la Finlande le 30 novembre 1939. C’est la guerre d’Hiver pendant laquelle Moscou tente d’installer une république démocratique et pendant laquelle Helsinki est bombardée par l’aviation russe. Les dégâts sont limités du fait d’une défense aérienne finlandaise efficace. La Finlande parvient à tenir tête à l’Armée rouge. A l’issue d’un traité de paix signé en 1940, l’URSS s’empare de l’isthme de Carélie mais renonce à envahir le reste de la Finlande. L’attaque de l’URSS par l’Allemagne nazie place la Finlande dans la position d’une alliée de l’Axe. Les finlandais déclenchent la guerre de Continuation au cours de laquelle Helsinki est une nouvelle fois bombardée mais, là encore avec des dégâts limités. Après plusieurs victoires des forces finlandaises, les soviétiques lancent une vaste offensive en Carélie dans un contexte de défaites successives de l’Allemagne. Les finlandais signent une paix séparée avec l’URSS en 1944. Cette fois, l’armée finlandaise est du côté des Alliés. Après avoir lancé un ultimatum à l’Allemagne nazie la sommant de se retirer de son territoire, la Finlande attaque les allemands. Les pertes sont lourdes du côté finlandais et le pays sort ruiné et détruit par la guerre. Au traité de Paris de 1947, la Finlande doit payer de lourdes réparations à l’URSS mais, contrairement aux pays baltes, elle sauve son indépendance parce qu’elle fait valoir que son engagement auprès de l’Allemagne était motivé par sa volonté de récupérer les territoires perdus au traité de 1940.
La Finlande est soumise à une stricte politique de neutralité pendant la guerre froide : interdiction d’adhérer à l’OTAN, interdiction d’accueillir des troupes ou du matériel occidental sur son territoire, interdiction des livres et des films antisoviétiques montrant l’influence que l’URSS exerce toujours sur la politique extérieure finlandaise.
 
En 1995, la Finlande adhère à l’Union européenne et adopte l’euro en 2002.
En 2022, au lendemain de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, la Finlande dépose une demande d’adhésion à l’OTAN. Celle-ci est acceptée le 4 avril 2023 et la Finlande devient le 31ème pays de l’OTAN.